Après la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, la fin du franc CFA est-elle proche ?

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Le 26 juin 2026 restera une date charnière dans l’histoire des relations entre le Burkina Faso et son ancienne puissance coloniale. Ce jour-là, le gouvernement burkinabè a officiellement annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, une décision qualifiée de « choix de la responsabilité et de la souveraineté » face à des « ambitions néocoloniales » jugées persistantes.

La décision du Burkina Faso n’a pas été prise à la légère. Dans son communiqué, le gouvernement explique que les « conditions indispensables à la promotion de relations fondées sur le respect mutuel, la confiance réciproque, le respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et de la souveraineté nationale ne sont plus réunies ». Ouagadougou accuse Paris d’un « activisme incessant » contre ses intérêts et de soutien à « des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent notre pays et le Sahel ».

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Cette rupture diplomatique, qui marque un tournant politique majeur, s’inscrit dans une dynamique plus large de reconquête de la souveraineté. Sur le plan économique, les autorités burkinabè mènent une offensive déterminée pour reprendre le contrôle de leurs ressources naturelles, et l’or, véritable clé de voûte de cette stratégie d’émancipation, est placé au cœur du dispositif.

Les chiffres sont éloquents : la production nationale d’or a atteint un record historique de 94 tonnes en 2025. Cette performance est le fruit de réformes ambitieuses et d’un contrôle étatique renforcé sur le secteur. La part de l’État dans les mines d’or augmente, et des structures publiques sont créées pour gérer ces actifs stratégiques. Sur les 15 mines industrielles en production, six sont désormais majoritairement détenues par des actionnaires burkinabè, et trois sont sous le contrôle direct de l’État via la Société de participation minière du Burkina Faso (Sopamib). Ce rééquilibrage marque une rupture avec des décennies de domination des compagnies étrangères dans le secteur.

L’initiative la plus emblématique de cette nouvelle gouvernance est la création du Fonds souverain minier d’investissements du Burkina Faso (FSMIB), baptisé « Siniyan-Sigui ». Adopté par décret en Conseil des ministres, ce fonds a pour mission de transformer les revenus de l’or en moteur de développement à long terme.

Cependant, les réformes engagées par Ouagadougou dans le secteur minier montrent la voie. Le Burkina Faso a pris conscience que la maîtrise de ses ressources naturelles est un préalable indispensable à toute reconquête de souveraineté. Avec 94 tonnes d’or extraites en 2025, un record historique, et la création du fonds souverain « Siniyan-Sigui », le pays pose des bases solides. Mais ces avancées, aussi remarquables soient-elles, resteront incomplètes tant que la monnaie continuera d’échapper au contrôle des autorités nationales.
Car c’est bien là le cœur du problème : sans monnaie nationale, les États ne disposent pas de l’instrument fondamental qui leur permettrait de mener une politique économique souveraine. La création d’une monnaie propre est une étape complexe, semée d’embûches techniques et économiques. Mais elle est indispensable pour prendre le destin du pays en main.

Ce projet, aussi ambitieux soit-il, est à la portée des pays de la Confédération. Il exige du courage politique, une préparation minutieuse et une coopération renforcée entre les États membres. Mais les bénéfices potentiels sont immenses : une politique monétaire adaptée aux réalités locales, une croissance plus soutenue, une industrialisation enfin possible, et surtout, une indépendance économique pleine et entière.

Toutefois, la création d’une monnaie nationale, appuyée sur les réserves d’or et les richesses naturelles du pays, pourrait être l’acte fondateur d’une nouvelle ère. Adossée à une politique économique rigoureuse et à une gestion transparente, elle permettrait au Burkina Faso et à ses alliés de la Confédération de se libérer définitivement de la tutelle française.

Il est désormais impératif que les pays de la Confédération passent de la théorie aux actes concrets et abandonnent le franc CFA. Les bases sont posées, la volonté politique est là, et l’histoire retiendra que c’est au moment où ils ont su prendre leur destin en main que les peuples du Sahel ont véritablement conquis leur liberté. Le chemin est encore long, mais la direction est tracée. Il ne reste plus qu’à avancer résolument vers cet horizon de souveraineté retrouvée, sans regarder en arrière.

Moussa Dembélé

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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