Afrique du Sud : le président Ramaphosa promet que la justice statuera en cas d’actes criminels lors des manifestations anti-immigration
Ouagadougou, 29 juin 2026 (AIB)-Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a fermement mis en garde, lundi, ses concitoyens, à la veille de plusieurs marches prévues à travers le pays pour dénoncer l’immigration clandestine, rappelant à l’ordre républicain les organisateurs et promettant que la justice statuera avec rigueur en cas d’actes criminels ou de violences.
Lundi, dans sa lettre hebdomadaire à ses concitoyens publiée sur le site web de la présidence, le chef de l’État sud-africain, Cyril Ramaphosa, a souligné que si le droit de manifester reste une liberté fondamentale, il s’accompagne de devoirs stricts.
« En cas d’acte criminel, les responsables devront répondre de leurs actes et la justice suivra son cours », a martelé M. Ramaphosa, rejetant catégoriquement toute justification de la violence par des griefs politiques ou sociaux.
Le président a tenu à distinguer la situation des étrangers en situation régulière, rappelant qu’ils contribuent positivement à l’économie et « ont droit à la protection de nos lois et de notre Constitution ».
Il a exhorté les organisateurs des défilés à respecter leur engagement en faveur d’un mouvement pacifique, prévenant qu’aucune cause « ne saurait justifier de se dédouaner de toute responsabilité ».
Dénonçant les dérives de groupes d’autodéfense, le dirigeant a fustigé un « vigilantisme à peine dissimulé sous un vernis de patriotisme », qualifiant le fait de se faire justice soi-même de « trahison de l’ordre constitutionnel ».
Notons que le vigilantisme désigne l’action d’individus ou de groupes qui surveillent, traquent ou punissent des personnes soupçonnées d’infractions, palliant ainsi, selon eux, une défaillance des institutions de l’État.
Cyril Ramaphosa a dressé un parallèle historique fort avec l’époque de l’apartheid pour condamner les contrôles d’identité sauvages opérés par des civils. L’application des lois sur l’immigration appartient exclusivement aux agents de l’État, a-t-il rappelé.
Le chef de l’Etat sud-africain a invoqué « l’histoire douloureuse des lois sur les laissez-passer » pour exhorter ses concitoyens à ne pas retourner à ce chapitre « où les personnes étaient arrêtées dans la rue, où leur identité physique était scrutée à la loupe ».
Cette prise de parole présidentielle intervient alors que les forces de l’ordre se sont dites » «prêtes à défendre l’état de droit» » face aux risques de débordements.
L’Afrique du Sud est régulièrement le théâtre de manifestations et de vagues de violences xénophobes meurtrières ciblant les immigrés, principalement originaires d’autres pays du continent africain.
Dans un contexte de marasme économique, de chômage de masse et de défaillance des services publics, les populations étrangères sont fréquemment érigées en boucs émissaires par des mouvements locaux et des groupes de pression.
Face à ce climat délétère, le président Ramaphosa a conclu en appelant à choisir « le droit plutôt que l’anarchie, le dialogue plutôt que la confrontation et la justice plutôt que la vengeance ».
Agence d’information du Burkina
ATA/as
