
Réunis à Kongoussi ce jeudi 25 juin 2026 dans le cadre d’un atelier de capitalisation du Projet pisciculture pour l’emploi et la sécurité alimentaire (PESA 2020-2026), les acteurs de la filière ont passé en revue les résultats enregistrés en 2025. Mis en œuvre par l’ONG Cordaid et ses partenaires, ce projet vise à renforcer l’employabilité des jeunes et des femmes tout en contribuant à la sécurité alimentaire.
Dans le cadre de la mise en œuvre de ses activités dans la région du Yaadga, le PESA a déroulé, en collaboration avec les autorités locales en charge des ressources animales, plusieurs actions entrant dans le cadre de la promotion, de la stimulation et du développement d’une chaîne de valeur piscicole dynamique. Ces activités concernent l’appui et le renforcement des capacités techniques et productives des acteurs.

À cela s’ajoutent le développement d’une chaîne de valeur piscicole dynamique, l’organisation de sessions de formation en entrepreneuriat piscicole, en éducation financière, sur les techniques de pisciculture, la production de biofertilisants et de biopesticides, ainsi que l’utilisation d’outils de gestion simplifiée au profit des promoteurs piscicoles de ces régions.
Selon le représentant du directeur pays de l’ONG Cordaid, Karim Zoné, ce projet est la marque d’un engagement vis-à-vis de l’État : « celui de promouvoir une pisciculture entrepreneuriale inclusive et durable ». Afin de capitaliser les expériences et les bonnes pratiques issues de la mise en œuvre des activités, les acteurs sont réunis en atelier ce jeudi 25 juin 2026 à Kongoussi.

« C’est un atelier que nous soutenons, comme un cadre privilégié pour faire le bilan des réalisations du projet, partager les expériences entre les différents acteurs, analyser les contraintes rencontrées, et proposer des solutions concrètes pour améliorer la performance de la filière piscicole », a énuméré le représentant du directeur pays de l’ONG Cordaid, Karim Zoné, en présentant les objectifs de la rencontre.
Pour le haut-commissaire de la province du Bam, Karim Ouédraogo, la pisciculture occupe aujourd’hui une place stratégique dans la quête de la sécurité alimentaire, ainsi que dans la création d’emplois pour les jeunes et les femmes. « En effet, malgré les importantes potentialités dont dispose notre pays, la production nationale de poisson reste encore insuffisante, alors que la demande ne cesse de croître », a-t-il relevé.

C’est en cela qu’il salue, à l’instar du directeur provincial en charge des ressources animales de la province du Bam, Basma Yanogo, la mise en œuvre de ce projet. « Grâce au PESA, des acquis importants ont été enregistrés en faveur du développement de la filière, notamment à travers le renforcement des capacités des acteurs ainsi que l’appui à la production, à la transformation et à la commercialisation du poisson », a souligné M. Yanogo.
Ces interventions ont contribué à améliorer les conditions de vie des populations, en particulier celles des jeunes et des femmes, à travers la création d’emplois et de revenus, tout en participant à la sécurité alimentaire dans la région. Et ce n’est pas Boukaré Ouédraogo, pisciculteur à Kaya, qui dira le contraire. « Moi, j’évolue à deux niveaux : dans ma ferme avec les bassins et dans le barrage de Korsimoro avec des cages flottantes », a-t-il expliqué.

« Au niveau des bassins, j’ai empoissonné plus de 6 000 poissons en quatre mois. Aujourd’hui, grâce à l’appui et aux conseils techniques des agents du PESA, les poissons se portent très bien. En quatre mois, nous avons pu obtenir des poissons de 400 à 500 grammes, voire plus. Au niveau du barrage de Korsimoro, en cages flottantes, nous nous préparons maintenant à l’empoissonnement », a-t-il révélé.
Cette situation reflète de manière générale les résultats de la mise en œuvre du projet. « Durant l’année 2025, 216 promoteurs ont été accompagnés dans plusieurs technologies : les cages, les enclos, les bacs et les bassins. La satisfaction est au rendez-vous. Pour cette seule année 2025, plus de 35 tonnes de poissons ont été enregistrées dans la région », s’est réjoui Ousmane Ouédraogo, chargé du projet à l’ONG APIL.

Ces résultats ne représentent qu’une infime partie des acquis engrangés au cours de l’année. En se réunissant ce 25 juin, les acteurs entendent notamment parvenir aux résultats suivants : « Les réalisations du projet au cours de l’année 2025 sont clairement présentées ; les promoteurs des différentes technologies ont partagé leurs expériences ; des propositions et recommandations pertinentes pour le développement de la filière piscicole ont été formulées. »
Erwan Compaoré
Lefaso.net
