Burkina/Sécurité numérique : Des chercheurs alertent sur l’essor des ordinateurs capables de contourner les chiffrements classiques
Ouagadougou, 22 juin 2026 (AIB) – Le Laboratoire de mathématiques et d’informatique (LAMI) de l’Université Joseph Ki-Zerbo a organisé, samedi, une conférence pour alerter les décideurs africains sur les risques liés à l’émergence des ordinateurs quantiques (plus puissants), développés par des informaticiens et mathématiciens, capables de déchiffrer les données bancaires, les secrets d’État et les communications protégées.
« Aujourd’hui, nous parlons des menaces quantiques, notamment de leurs conséquences sur les systèmes de sécurité qui protègent les transactions bancaires, le mobile money, les sites web et les systèmes d’information », a affirmé le directeur du LAMI, le professeur titulaire de mathématiques, Stanislas Ouaro.
D’après lui, les technologies de cryptographie actuellement utilisées pour sécuriser les données pourraient être remises en cause par le développement des ordinateurs quantiques et de la cryptographie quantique, capables de contourner les mécanismes classiques de chiffrement.
Le chercheur a indiqué que plusieurs pays développés se préparent déjà à cette transition technologique à travers l’adoption de feuilles de route et de nouvelles normes de sécurité intégrant les technologies post-quantiques.
Il a déploré le fait qu’aucun pays africain ne dispose encore d’une véritable feuille de route sur l’arrivée des technologies post-quantiques, alors que de nombreux États ont déjà engagé leur transition.
La conférence vise à attirer l’attention des décideurs africains sur la nécessité d’anticiper les mutations technologiques à venir, mais aussi à montrer aux étudiants les applications concrètes des mathématiques dans les systèmes modernes de sécurisation des données, a-t-il confié.
« La cryptographie, qu’elle soit classique, quantique ou post-quantique, repose essentiellement sur les mathématiques. Elle mobilise notamment la géométrie algébrique, la théorie des nombres et l’analyse fonctionnelle », a souligné le responsable du laboratoire.
À noter que le laboratoire a ouvert, il y a deux ans, un master spécialisé en cryptographie à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Sept étudiants ont déjà été formés et poursuivent actuellement leurs recherches en doctorat.
Selon lui, cette initiative vise à constituer progressivement une équipe nationale de recherche capable de contribuer au développement de la cryptographie quantique et post-quantique au Burkina Faso.
La conférence scientifique, organisée en collaboration avec le Club des étudiants en mathématiques de l’Université Joseph Ki-Zerbo, a été animée par le docteur Sogo Pierre Sanon et modérée par le professeur titulaire de mathématiques, Stanislas Ouaro.
Cette conférence s’inscrit dans le programme annuel d’activités du Laboratoire de mathématiques et d’informatique (LAMI), qui prévoit également une troisième conférence le 4 juillet 2026. Celle-ci sera consacrée aux liens entre la cryptographie post-quantique et l’intelligence artificielle, ainsi qu’aux mécanismes de protection des systèmes d’IA, a conclu le professeur Ouaro.
Agence d’information du Burkina
YOS/ata
