
La région des Koulsé a célébré, ce samedi 20 juin 2026 à Kongoussi, dans la province du Bam, la 8ᵉ édition de la Journée nationale de l’arbre (JNA). Présidée par le gouverneur de la région, le colonel-major Blaise Ouédraogo, cette édition, placée sous le thème « Ma concession, mon arbre », a permis la mise en terre de 800 plants sur les berges du lac Bam, avec le soutien financier du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS).
De 8 heures à 9 heures, les Burkinabè, sur l’ensemble du territoire national, étaient appelés à participer à l’initiative présidentielle dénommée « Heure patriotique pour reverdir le Faso », avec pour ambition de planter cinq millions d’arbres en une heure. À Kongoussi, autorités administratives, services techniques, élèves, organisations de la société civile et partenaires au développement ont répondu présents à cet appel.
Réunis autour du gouverneur des Koulsé, ils ont procédé à la mise en terre de 800 plantes médicinales sur les berges du lac Bam.
« Ma concession, mon arbre », une invitation à l’action individuelle
Dans son intervention, le gouverneur Blaise Ouédraogo a rappelé l’urgence de préserver les ressources naturelles face à la dégradation continue du couvert végétal.

« Pour faire face à cette importante dégradation du couvert végétal, environ 9 millions de plants sont mis en terre chaque année sur l’ensemble du territoire national », a-t-il indiqué. Selon lui, les efforts consentis commencent à porter leurs fruits, avec un taux moyen de survie des plants passé de 25 % à 50 % en 2025.
Toutefois, le déséquilibre entre la vitesse de dégradation des ressources forestières et les actions de restauration demeure préoccupant. D’où la nécessité, a-t-il souligné, de renforcer la responsabilité écologique de chaque citoyen.
La 8ᵉ édition de la Journée nationale de l’arbre vise ainsi à faire de chaque citoyen un acteur de la protection de l’environnement. À travers le thème « Ma concession, mon arbre », les autorités encouragent les populations à planter et à entretenir des arbres dans leurs espaces de vie : concessions, services, champs ou lieux publics sécurisés.

Pour le gouverneur des Koulsé, planter un arbre constitue un acte citoyen, mais le véritable enjeu reste son entretien. « Le défi majeur n’est pas seulement de planter. Il est surtout de protéger, d’entretenir et de faire grandir ce précieux capital naturel », a-t-il insisté.
Le PCRSS, un partenaire engagé dans la restauration écologique du Bam
La cérémonie a également été marquée par l’engagement du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS), qui accompagne les efforts de restauration environnementale dans la région.
Au nom du projet, le directeur régional de l’Économie et de la Planification des Koulsé, par ailleurs chef d’antenne régional du PCRSS, Moussa Sawadogo, a souligné que la résilience des communautés ne repose pas uniquement sur les infrastructures.
« La véritable résilience est celle qui guérit une nation en s’enracinant profondément dans son sol. Elle est semblable à un arbre. Elle se déploie sous le vent du destin, mais demeure solidement ancrée grâce à ses racines », a-t-il déclaré.

En finançant la création de ce bosquet de deux hectares sur les berges du lac Bam, et de concert avec la direction régionale des Eaux et des Forêts, le PCRSS entend contribuer à la protection des sources de revenus des communautés et à la lutte contre la dégradation des écosystèmes.
Les meilleurs élèves associés à la campagne de plantation
Les autorités ont décidé d’associer les meilleurs élèves aux examens du Certificat d’études primaires (CEP) et du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) de la région à cette campagne de plantation.
Selon le gouverneur, cette initiative vise à développer chez ces jeunes le goût de la protection de la nature et à leur donner les moyens de contribuer à la préservation de l’environnement.
Des techniques précises pour garantir la survie des plants
Au-delà de la plantation symbolique, les agents des Eaux et Forêts ont insisté sur l’importance du respect des techniques de reboisement.

Selon eux, la période de juin à juillet est particulièrement favorable aux plantations, car elle correspond au début de l’installation des pluies. Les jeunes plants peuvent ainsi bénéficier de l’humidité du sol durant toute la saison d’hivernage.
La réussite d’un reboisement repose d’abord sur un bon piquetage, qui consiste à matérialiser l’emplacement des trous. Ceux-ci doivent respecter certaines dimensions, soit environ 60 centimètres de diamètre et 60 centimètres de profondeur.
Lors du creusement, les deux couches de terre doivent être séparées. La première couche, appelée terre arable, riche en éléments nutritifs, doit être conservée afin de favoriser la croissance de l’arbre. Après le creusement, elle est remise au fond du trou avant la terre moins fertile.

La mise en terre du plant nécessite également des précautions. Le sachet doit être retiré délicatement afin de ne pas endommager la motte. Les racines qui dépassent ou qui sont enroulées doivent être sectionnées pour permettre un développement normal de l’arbre.
Après la plantation, un arrosage régulier et une protection contre les agressions extérieures sont indispensables pour assurer la survie des plants.
La région des Koulsé fixe ses ambitions
Au-delà de cette journée, la région des Koulsé ambitionne de poursuivre ses efforts de restauration des terres dégradées.

Selon le gouverneur, les objectifs de la campagne de reforestation 2026 sont notamment la mise en terre de 350 000 plants, la création de cinq bosquets de deux hectares chacun, clôturés et équipés de forages et de bassins de rétention d’eau, l’identification et la clôture de trois hectares de forêt villageoise pour renforcer la régénération naturelle assistée, la restauration de 100 hectares de terres dégradées ainsi que le regarnissage des plantations réalisées en 2025.
En marge de la cérémonie de reboisement, le gouverneur de la région des Koulsé s’est rendu chez le Tensoaba de Kongoussi, où il a procédé à la plantation d’un kolatier et d’un manguier.

Son hôte a salué cette initiative et appelé les populations à s’investir dans l’entretien des plants, car, selon lui, « il y va de l’honneur et de la dignité de la province du Bam ».
Un engagement que l’équipe de la Croix-Rouge de Kongoussi compte relever, puisqu’elle a pris devant le premier responsable de la région l’engagement d’assurer l’entretien des plants.
Fredo Bassolé
Lefaso.net
